Donchery, mai 1940 : attaque et résistance

           "c'est ici que tout s'est joué" (Stéphane ANDRE )

 

         
 Le 10 Mai 1940, à l'aube, les blocs sont en alerte sur la Meuse, les hommes assistent aux passages d'avions allemands qui vont bombarder l'intérieur du territoire.
  Les habitants commencent à évacuer Donchery. (les anciens se souviennent de 1914.)

 

Le 12 Mai   la cavalerie (motorisée ou à cheval) recule devant les chars, le soir les éclaireurs allemands atteignent la Meuse. Les Français pensent que les Allemands vont tenter le passage dans les jours qui viennent (un officier d'état-major répond « le temps qu'ils amènent leur artillerie, vous avez 2 à 3 jours devant vous »!!!!)


Mais le  13 au matin, La Luftwaffe commence un intense bombardement, les hommes dans les blocs sont soumis aux bruits des explosions, des souffles de bombes, sirènes des stukas et cela jusqu’à 14h ; les défenseurs sont assommés. Les troupes d'assauts de la 2 Pz-Div se lancent à l'assaut, les Français réagissent, et la 2 Pz-Div reste bloquée devant Donchery : malgré le bombardement et le tir des chars sur les embrasures des blocs, le 147ème, par ses tirs,  empêche les Allemands de progresser.
Ce n'est finalement que vers 15h15 que quelques chars accompagnés d'infanterie atteignent  le pont  de Donchery, détruit la veille par les Français. Le village est entièrement occupé vers 16h35 et le génie allemand parvient enfin à la Meuse  malgré la violence des tirs français.
 L’attaque de la 1 Pz-Div  à hauteur du Gaulier ( Floing) se passe mieux, son infanterie s'empare des blocs de Bellevue. A partir de ce moment, les Allemands attaquent les blocs par le flan, et cela malgré une défense furieuse comme au bloc 104 ou le caporal Moreau estima qu'il avait tiré plus de 10 000 cartouches de mitrailleuse. Un à un les blocs sont réduits, le dernier résiste jusque 22h. Plusieurs bataillons allemands sont sur les hauteurs de la Croix-Piot.

Le génie  commence la construction d’un pont de bateaux  à Gaulier : la nuit est longue pour les Allemands qui font passer le plus possible d’hommes et de chars.   
 

Le 14 mai, l’aviation alliée tente d’arrêter l’avancée des chars en détruisant les ponts de Sedan et Donchery: ils ne disposent sur la zone que d'environ160 appareils, alors que les Allemands sont en mesure d'aligner au moins 400 chasseurs.
Le squadron 103 ouvre les hostilités avec des Fairey Battle,  

                         fairey battle

  Leurs escortes de chasseurs Hurricanes ne peuvent tenir les chasseurs allemands à distance. Les Français ne sont pas en reste, mais le matériel n'est pas à la hauteur, et la DCA Allemande est très puissante (plus de 300 canons sur le site) :  le soir les ponts sont intacts. Les pilotes avec courage ont fait leur devoir, mais leurs avions sont trop lents, mal armés (2 mitrailleuses-4 bombes).
Sur 5 appareils du squadron 12 un seul rentre à sa base. lire le rapport du radio-mitrailleur Clarke.

Une étude approfondie conjointe de ce rapport, de la carte et du relief, ainsi que le récit d'un témoin alors adolescent qui a vu un avion tomber ont permis au Cercle Historique de déterminer le trajet de l'avion, l'endroit où l'aviateur est tombé et celui où l'avion s'est crashé. Quelques pièces de l'avion ont pu être retrouvées.

   


La RAF  a perdu 73 tués, 21 blessés ou prisonniers, et 57 avions.
Dans les cimetières de notre région reposent plusieurs équipages Anglais abattus le 14 Mai 1940.
Pour l’aviation anglaise le 14 Mai est une journée noire. 

            Le souvenir reste vif  :  Une visite inattendue  
                                               Le Blenheim de Vrigne-aux-Bois